La circulation des connaissances médicales entre le Mozambique et l’océan Indien, de la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle

DOI : 10.61736/tsingy.878

Abstracts

Cet article examine, sous l’angle de la santé, les interactions entre l’île de Mozambique et les autres ports de l’océan Indien. Des agents de soin, des malades ainsi que des thérapies (surtout des médicaments) se déplacent en effet dans le contexte des réseaux commerciaux et sociaux qui mettent en relation le Mozambique avec un grand nombre d’autres lieux dans cet océan. À l’inverse, des médicaments sont exportés du Mozambique vers l’océan Indien d’où ils se connectent à des réseaux globaux. Les pratiques de soin circulent au travers de ces échanges bilatéraux.

This article looks at the interaction between Mozambique and other ports of the Indian Ocean through the lens of health. Agents of cure and sick people as well as therapies, especially medical drugs, travelled within the social and commercial networks which connected the island to multiple places of this Ocean. Conversely, medicines were exported from the island of Mozambique to the Ocean where they entered global networks. Practices of cure circulated through these bidirectional exchange.

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Michael Pearson1 décrit l’océan Indien comme « un lieu de mouvements, de circulation, de contacts et de voyages de longues distances »2. Une littérature abondante s’est penchée sur les échanges dans l’océan Indien, montrant une circulation intense de personnes, de biens, de techniques, d’information et d’idées. Mais, comme le suggèrent Himanshu Ray et Edward Alpers, la recherche sur la dimension africaine de l’océan Indien reste limitée.

Dans le but d’étendre nos connaissances des connections entre l’Afrique orientale et l’océan Indien, le présent article porte sur les interactions concernant les questions de la santé. Les échanges commerciaux et humains dans cet espace favorisent la diffusion de maladies3, mais nous en savons encore peu sur les dynamiques des modes de soin. Dans ce cadre, ce texte analyse le mouvement des acteurs de maladie et de leur soin ainsi que des médicaments et des cures ; ce qui implique aussi l’étude de la circulation des savoirs et des pratiques.

Comme plusieurs études l’ont montré, circulation implique interaction et transformation dans un contexte de négociation sociale4. Dans le cadre du domaine de la santé, les circulations entre le Mozambique et l’océan Indien se déroulent dans les deux sens, utilisant en général les routes commerciales. Et c’est à travers ces dernières que les acteurs de la santé, les patients, les remèdes, les idées et les pratiques de soin se déplacent. Le présent article explore ces connections durant la période qui va de la fin du XVIIIe au début du XIXe siècle, prenant comme point de départ l’Île de Mozambique qui était la capitale de la colonie portugaise, colonie qui correspondait alors seulement à une partie du territoire du Mozambique moderne.

Ces dynamiques sont bien documentées du point de vue des institutions portugaises comme c’est le cas pour l’Hôpital Royal implanté sur l’Île de Mozambique. Mais, même dans ce cas, ce sont principalement les liens avec l’État portugais de l’Inde, et particulièrement sa capitale, Goa, qui méritent le plus grand nombre de registre. Il est important de noter ici que de nombreuses relations qui unissent les peuples du territoire de l’actuel Mozambique, y compris dans le domaine de la santé, à d’autres régions de l’océan Indien sont absentes des archives coloniales. Tout d’abord parce que, de nombreuses transactions se font par des ports qui ne font pas partie de la colonie portugaise ou dont la présence portugaise était faible ; ensuite parce que, même dans les lieux où les portugais exercent leur contrôle, de nombreuses transactions échappent au contrôle de leur administration.

Dans cet article, nous considérons l’océan Indien dans le sens suivant, en référence au concept de l’Afrique orientale défendue par Edward Alpers qui en définit l’espace comme étant « la totalité de la côte depuis la mer Rouge jusqu’au Cap de Bonne Espérance, inclus les principales îles africaines »5, une perspective qui s’applique parfaitement à la période considérée ici.

Le texte se divise en quatre sections : dans une première, nous nous focaliserons sur les médicaments en circulation sur l’Île de Mozambique ; dans une seconde, nous montrerons comment les institutions de santé au Mozambique dépendaient des professionnels indiens ; dans une troisième partie, nous analyserons les routes de l’océan Indien en relation à la fourniture de médicaments à l’Île de Mozambique ; et enfin, dans la quatrième partie, nous explorerons la circulation des médicaments mozambicains.

Mozambique : La pluralité des modes de soins

L’île de Mozambique a été une importante place portuaire avec de multiples points de contact dans l’océan grâce aux réseaux commerciaux par lesquels transitaient des produits et des personnes, inclus les individus transportés comme marchandises. Partie de l’empire portugais dans l’océan Indien dès le début du XVIe siècle, le Mozambique fait partie de l’État portugais de l’Inde jusqu’en 1752, date à laquelle il passe sous l’administration directe de Lisbonne. Les liens commerciaux et humains avec l’Inde, en particulier avec Goa, Daman et Diu, restèrent très forts malgré tout après cette date.

Tout comme les autres centres urbains de la côte, résultat de contacts séculiers entre différents peuples6, la population de l’Île et du littoral voisin est alors composée de personnes d’origines diverses. Aux Macuas et Swahili, les dynamiques impériales ajoutent les colons portugais et des individus originaires d’autres régions de son empire, notamment de Goa et Diu et, plus tard, du Brésil. Dans ce contexte il existe dans la région une pluralité de médecines qui sont, de fait, tolérées par le pouvoir colonial. Dans la région de l’Île de Mozambique et de son littoral, plusieurs connaissances de soin développées par les Macuas coexistent et interagissent7 : avec celles venues de la médecine musulmane (unani), intégrées depuis longtemps par les communautés swahili8 ; avec celles importées d’Inde par les marchands baneanes, en majorité hindous, savoirs qui constituent déjà une synthèse de la médecine ayurvédica et unani9 ; et avec finalement des connaissances d’origines européennes amenées par les Portugais d’Europe et les Indiens de Goa, ces derniers ayant déjà hybridé la médecine européenne avec celle de l’Inde10.

Nous connaissons encore peu de choses à propos de l’histoire de ces médecines et de la manière dont elles interagissent au Mozambique. Il semble qu’elles maintiennent leur autonomie et possèdent chacune leurs propres agents, mais qu’il existe aussi une certaine porosité entre elles. Comme les médecines ayurvédica, musulmane et européenne partagent la théorie des humeurs, elles partagent beaucoup d’éléments, que ce soit en termes de conception des maladies, vues comme liées à des causes organiques ou que ce soit en termes de thérapie. Quoique le surnaturel y domine, sans être exclusif, la médecine africaine au Mozambique s’appuie, comme les autres, sur l’utilisation médicale de produits naturels. Les colons portugais recourent normalement à des spécialistes de soin africains, les n’ganga ainsi que d’autres guérisseurs, que ce soit à cause du manque chronique de médecins, chirurgiens et pharmaciens européens, ou que ce soit à cause de leur longue interaction avec les africains. Ainsi ils réussissent à négocier avec les n’ganga leur pratique de soin, spécifiquement l’emploi de certains produits naturels11. Au travers de cette connaissance diffusée principalement par l’élite coloniale, le médecin-chef Luís Vicente de Simoni réussit, par exemple, à faire une liste en 1821 de l’usage africain de 23 plantes différentes12. L’appropriation des connaissances africaines sur l’usage thérapeutique de la nature était, d’ailleurs, promue par le pouvoir colonial. Si toutes les médecines laissent des marques dans les registres portugais, il n’y a pas de doute que la médecine la mieux documentée est celle d’origine européenne, dans ses interactions avec les autres médecines, en particulier au travers des activités de l’Hôpital Royal.

L’hôpital de l’Île de Mozambique fut créé au début du XVIe siècle par la couronne portugaise pour servir les résidents portugais, le régiment militaire du fort et les navires qui voyagent dans l’océan Indien. Les esclaves de la couronne portugaise y sont aussi traités depuis le XVIIe siècle au moins. Au long des années, plusieurs institutions dirigent l’hôpital jusqu’à ce qu’en 1763 il passe sous l’administration directe du gouvernement du Mozambique. Une série de réformes, inspirées par la pensée des Lumières dans le domaine de la santé13, cherchent alors à transformer l’hôpital d’une institution d’assistance en une institution de traitement. Ce processus fut progressif et lent, mais particulièrement marqué à partir de la décennie de 178014. Des médecins et des chirurgiens sont alors engagés au Portugal comme dans d’autres pays européens, dans l’espoir d’améliorer les soins des malades. Cet effort se heurte à la difficulté de recrutement et à la mortalité élevée parmi ceux qui viennent au Mozambique. C’est durant cette décennie que plusieurs règlements hospitaliers sont mis en place afin d’améliorer les conditions hospitalières et la qualité des soins offerts aux malades15.

Illustration n° 1. Plan de l’hôpital de l’Île du Mozambique (s.d., 1821). L’hôpital fonctionnait dans le couvent de S João, dont l’édifice fut détruit en 1877 pour y construire de nouvelles installations hospitalières

Illustration n° 1. Plan de l’hôpital de l’Île du Mozambique (s.d., 1821). L’hôpital fonctionnait dans le couvent de S João, dont l’édifice fut détruit en 1877 pour y construire de nouvelles installations hospitalières

(Cabinet des Études Archéologique d’Ingénierie Militaire, Lisbonne)

Les connections entre l’Hôpital Royal de l’Île de Mozambique et l’océan Indien s’inscrivent dans les circulations qui lient le Mozambique à l’océan Indien, en particulier à l’État portugais de l’Inde. Des réseaux marchands et sociaux extensifs persistent aussi de fait après la séparation des deux territoires, alimentés par les bateaux qui relient annuellement l’Île de Mozambique à Goa, Daman et Diu. L’augmentation du trafic d’esclaves à partir du XVIIIe siècle établit des relations avec d’autres points de l’océan Indien qui constituent des nouveaux marchés pour vendre cette main-d’œuvre, notamment l’Île de France, l’île Bourbon et la cité du Cap. En même temps, les liens avec les cités swahilis de la côte et des îles, ainsi qu’avec Madagascar, se renforcent, par le commerce des esclaves et des denrées alimentaires nécessaires pour les nourrir16. Toutes ces voies offrent aussi des chemins pour l’échange au niveau de la santé entre le Mozambique et l’océan Indien.

La santé au Mozambique et le transit dans l’océan Indien : médecins migrants et malades voyageurs

Les acteurs sociaux se déplacent dans le contexte de réseaux commerciaux denses et ils transportent leur savoir médical au Mozambique, ou du Mozambique vers d’autres points de l’océan, dans le cadre de leurs recherches pour connaître et traiter les maladies. Les efforts de la Couronne portugaise afin de médicaliser les services de santé au Mozambique, manifestes depuis les deux dernières décennies du XVIIIe et durant la première du XIXe siècle se traduisent par le recrutement de professionnels en Europe. Cependant ces professionnels sont insuffisants, pour les raisons que nous avons déjà mentionnées, pour répondre aux nécessités de l’hôpital et des autres bourgades de la colonie. Dans ce contexte, la participation de personnes venant d’Inde pour les prestations de soin de santé est particulièrement importante. Le Mozambique constitue un territoire prisé par les ressortissants de Goa, Daman et Diu qui sont à la recherche d’opportunités de promotions sociales supérieures à celles qui existent dans leurs pays.

Les Goanais, en particulier, occupent un nombre important de postes subalternes dans l’appareil bureaucratique colonial, qui sont indispensables au bon fonctionnement de l’hôpital comme magasiniers, intendants ou les secrétaires. La politique de médicalisation de la santé créé un contexte favorable au recrutement de professionnels de santé indiens au sein de la diaspora goanaise au Mozambique.

Plusieurs hôpitaux existent à Goa, parmi lesquels l’Hôpital Royal, où est dispensée une certaine formation à la médecine européenne au travers de l’expérience du traitement de malades, encore que tout indique que, fréquemment, l’institution soit aux mains des Goanais eux-mêmes. Au début du XIXe siècle, un enseignement théorique est introduit par le bais d’un « Cours de Médecine et Chirurgie » créé par le médecin-chef António Miranda e Almeida en 1801. Suspendu en 1815, quand le médecin rentre au Portugal, ce cours est repris en 1821 pour une brève période par un autre médecin, le docteur António Lima Leitão, qui a déjà une expérience identique au Mozambique. Les professionnels formés à Goa, que ce soit ceux qui détiennent seulement une expérience pratique ou ceux qui ont suivi une formation théorique, reçoivent un certificat du gouverneur ou du vice-roi d’Inde pour pratiquer leur profession. Ce type d’autorisation peut aussi s’obtenir au Mozambique pour ce qui est des individus avec une certaine pratique de soin à l’hôpital ou ailleurs (ces derniers reçoivent une licence de la part du gouverneur)17.

La position du pouvoir colonial en relation au rôle de ces personnels de santé n’est pas monolithique. Au Mozambique, ces derniers travaillent comme médecins, chirurgiens, saigneurs, infirmiers et pharmaciens. Au début du XIXe siècle, le gouverneur informe qu’il y a à l’Île de Mozambique un nombre significatif de « Goanais avec une certaine pratique médicale » au sujet desquels il exprime un avis négatif18. Toutefois, la Couronne portugaise ayant des difficultés à recruter des médecins pour sa colonie africaine, voit en ces individus une solution au problème persistant du manque de personnel. Durant la décennie de 1810, par exemple, le pouvoir donne des ordres pour utiliser les médecins goanais présents au Mozambique, qui sont perçus comme très spécialisés par la cour, pour satisfaire aux besoins de la colonie19.

Cette position est répétée en 1832 face aux lamentations du gouverneur quant au manque de physiciens20. L’engagement de ces médecins deviendra plus systématique après l’instauration en 1842 de l’École Médico-chirurgicale de Goa. Selon Cristiana Bastos, une des fonctions de cette école est la formation de médecins pour l’empire, nommément pour l’Afrique Orientale21. Vu que ces Goanais ont des noms chrétiens, il est parfois difficile de les distinguer des Portugais qui travaillent au Mozambique. Il n’en reste pas moins qu’il existe des références à leur activité et qu’il est possible d’identifier certains d’entre eux. Certains ont un travail à l’Hôpital Royal, dans les compagnies du régiment militaire, ou dans les villages de la colonie. D’autres, plus difficiles à reconnaître, offrent leurs services à titre privé aux résidents ou aux bateaux de trafiquants d’esclaves22. Luís António da Silveira est l’un de ces médecins qui passe d’une fonction à l’hôpital au service privé. Il s’installe à l’Île de Mozambique à une date incertaine après avoir fait ses études à Goa et travaillé comme médecin-chef à Diu. Il est nommé médecin-chef adjoint en 1818 après avoir rendu « l’opinion publique favorable à sa personne »23. Après avoir abandonné ce poste, il reste à l’Île où il exerce une activité privée.

Ces médecins transportent en Afrique leur pratique de soin. Les recherches faites à propos de l’hôpital et l’école de médecine de Goa ont montré comment, la majeure partie du temps, ces organisations dépendent d’agences locales. L’hybridité entre la médecine européenne et les médecines d’Inde caractérise les pratiques dans ces institutions24. Les recherches sur les modes de soin en cours à l’Hôpital de Goa montrent une appropriation par la médecine européenne des médicaments locaux et des savoirs associés à leur usage. Comme l’a montré Timothy Walker : « les institutions étatiques de santé à Goa, Daman et Diu étaient le produit d’une culture hybride Indo-portugaise »25. Ainsi, ce sont des savoirs hybrides entre la médecine indienne et européenne qui circulent au Mozambique avec les guérisseurs venus de l’autre côté de l’océan Indien. On peut interpréter dans ce sens par exemple la position du gouverneur du Mozambique quand il se plaint que les Goanais « honteusement font très peu de progrès dans la médecine »26. On sait encore peu de choses sur l’interaction des médecines et pratiques de soin qui circulent au Mozambique, en particulier en relation aux médecines et pratiques africaines, et aussi peu de choses sur la manière dont ceux qui retournent à Goa y rament des savoirs acquis en Afrique. Toutefois, tout indique que, comme les Européens, ils sont les agents de circulation des savoirs africains, par exemple pour l’adoption par la médecine indienne de certains médicaments africains, comme on le verra ci-dessous.

La mobilité géographique n’est pas le seul fait de ceux qui vivent de la médecine. Elle est le propre aussi des malades qui parfois empruntent la même route que le trafic des esclaves. C’est le cas par exemple en 1897 avec Eugénio Cabral da Cunha Godolfim qui demande une autorisation au Gouverneur pour voyager avec son oncle André Avelino de Sousa à l’Île de France pour s’y faire soigner27. Pour ce qui concerne la ville du Cap, ce sont les voies du commerce de l’esclavage qui définissent les chemins de la cure. Les résidents de l’île de Mozambique se dirigent vers cette ville à la recherche des chirurgiens réputés de l’East India Company. Sous prétexte de manque de « médicament et professeurs habiles » au Mozambique, Luís Correia Monteiro de Matos est un des individus qui obtient en 1803 une licence pour aller se faire traiter dans cette ville28. Goa et d’autres ports indiens constituent aussi des destinations recherchées par ces voyageurs. C’est ainsi qu’en 1800 Dona Maria Severina de Sá demande une permission au gouverneur pour voyager jusqu’à un de ces ports de l’Asie sur un bateau de son mari, le trafiquant d’esclaves goanais Joaquim do Rosário Monteiro, résident à l’Île de Mozambique29. C’est pour des motifs similaires qu’en 1828 le capitaine de navire José Caetano Malho demande une autorisation pour aller à Goa30, comme le fait l’année suivante le marinier Francisco José et le chirurgien José António de Almeida31. Ce type de tourisme médical avant l’heure reflète la fragilité des soins dispensés au Mozambique, fragilité qui amène les malades à rechercher des services en d’autres points de l’océan Indien.

La circulation des personnes dans l’océan Indien pour des raisons de santé (celles qui offrent des soins mais aussi celles qui les reçoivent) sont imbriquées dans les mailles commerciales. Les spécialistes et les malades transportent avec eux des expériences d’un point à l’autre de l’océan et ils font circuler des nouvelles idées sur les maladies et les moyens de les soigner.

Apothicaires du Mozambique et routes de l’océan Indien

Les interactions entre les pratiques de santé du Mozambique et celles des autres marges de l’océan Indien s’opèrent aussi par la voie de la circulation des médicaments. On retrouve parmi les drogues médicales qui arrivent au Mozambique des spécimens d’Asie, que ce soit au travers de la progressive intégration dans la pharmacopée européenne ou que ce soit par voie directe par l’interaction avec les ports de l’océan Indien qui sont, eux aussi, fournisseurs de médicaments pour l’Europe.

La pharmacopée de l’hôpital du Mozambique, et au travers de ce dernier, des habitants de la colonie en entier, doit être offerte par Lisbonne au travers des navires qui voyagent annuellement vers l’Inde. Toutefois, au vu des irrégularités avec lesquelles ces embarcations accostent l’île à cette époque, les approvisionnements vont souvent directement à Goa d’où ils sont renvoyés au Mozambique avec d’autres médicaments obtenus en Inde32.

Les envois de Lisbonne comprennent, entre autres, des médicaments d’Asie dont l’incorporation dans la médecine européenne, en certains cas plus vieille, s’est faite progressivement depuis le début de l’expansion européenne.

Dans le contexte des Lumières, l’intérêt des Européens pour l’exploration des produits naturels ont augmenté au plan mondial, et donc aussi en relation à l’Asie. Ainsi, les remèdes indiens intègrent de plus en plus les pharmacopées européennes. Les études menées à bien sur les pharmacopées portugaises au XVIIIe siècle révèlent une appropriation des médicaments asiatiques. La première pharmacopée officielle portugaise, la Pharmacopeia Geral (1794), contient ainsi 17,9 % de produits venant d’Asie et d’Afrique33.

Cependant tout indique que les remèdes indiens ont acquis une importance supérieure dans les pratiques thérapeutiques. Dans la pharmacie du Collège de Santo Antão à Lisbonne, les jésuites, grands agents de la circulation globale des remèdes, incluent des produits d’origine végétale venant d’Inde dans leurs prescriptions. Parmi ces médicaments, dont certains servent aussi d’aliment, on trouve entre autres les aloès, le benjoin, le tamarin, la rhubarbe, l’ase fétide, l’ambre gris, les pierres de fiel (bézoard), la cannelle, le clou de girofle, le poivre et la zédoaire34. Ce type de remèdes indiens se trouve dans la pharmacie du Mozambique35 ; ainsi les médicaments d’Inde voyagent aussi au Mozambique par l’intermédiaire des fournisseurs d’Europe. Et à l’image de ces expéditions, la pharmacie et les résidents du Mozambique acquièrent des remèdes de l’Île qu’ils soient d’Afrique où qu’ils viennent d’autres lieux de l’océan Indien36.

Ce système d’approvisionnement résulte d’un manque récurrent de médicaments dans la pharmacopée européenne et dans la mise à disposition de médicaments en mauvais état ou considérés inadéquats pour le traitement des maladies qui existent au Mozambique. Dès lors, des voix critiques s’élèvent pour prôner l’acquisition de remèdes dans les marchés plus proches de l’océan Indien. En 1792, le Conseil de l’Outre-mer37, à Lisbonne, reconnait cette situation précaire, et il demande au gouverneur général des solutions à ces problèmes. Le gouverneur, D. Diogo de Sousa, qui a un intérêt marqué pour les sujets scientifiques, propose en 1794 un plan de réforme basé sur des considérations tant thérapeutiques qu’économiques. Le gouverneur propose qu’au lieu d’être envoyés de Lisbonne, les médicaments soient acquis par le gouvernement du Mozambique dans l’océan Indien directement (que ce soient des médicaments simples venant de divers continents ou des médicaments plus complexes composés par la pharmacopée européenne). Il souligne que les plantes indigènes du Portugal existent aussi au Mozambique et en Asie et, plus encore, que beaucoup des drogues utilisées en Europe viennent des Indes Orientales. Il argumente ensuite que les médicaments faits par les Européens sont en général absurdes et arrivent dans l’océan Indien gâtés. Et il dénonce que ces médicaments sont « choisis sans la nécessaire sélection faite grâce aux connaissances pratiques des maladies endémiques de ces climats », connaissances qui leur manque. Ces accusations s’articulent à l’idée qu’au vu des particularités du milieu mozambicain, les maladies y prennent des caractéristiques propres, où elles deviennent même spécifiques à la région, une perspective qui est aussi celle des médecins britanniques en Inde38.

En somme, l’acquisition de médicaments dans l’océan Indien constitue un gain pour la santé des malades. Le gouverneur avance, encore, des motifs économiques, analogues à ceux qui sont évoqués par les gouverneurs coloniaux en Inde. Utilisant une table de comparaison des prix des médicaments offerts par Lisbonne en 1763, et les comparant à ceux négociés dernièrement à l’Île de France, il montre que les mêmes concoctions européennes sont meilleures marché dans l’océan Indien. Il argumente du coup en faveur d’une acquisition des remèdes à Goa, Bombay, Surate et à l’Île de France. D. Diogo de Sousa met en œuvre ce plan immédiatement39, et il est applaudit à Lisbonne40.

Ce modèle d’approvisionnement, aligné sur les exigences financières du gouvernement colonial et ajusté à la perspective des Lumières en relation à la médecine et la pharmacie, institutionnalise les réseaux existants d’approvisionnement dans l’océan Indien pour compenser l’incapacité de la Couronne portugaise à assurer les flux nécessaires pour fournir des drogues médicales. Il n’est pas clairement établi que l’envoi de médicaments de Lisbonne cesse complètement, car les premières années du XVIIIe siècle la pharmacie est administrée par la Santa Casa da Misericórdia et la documentation sur son activité à cette époque est rare. Le plus probable est que les flux de médicaments se soient élargis, connectés maintenant au commerce trans-océan Indien. De fait, on note parmi les dépenses du gouvernement du Mozambique des achats de médicaments.

Quand la Couronne portugaise s’installe au Brésil de 1808 à 182141, les envois de médicaments, faits jusque-là depuis Lisbonne le sont depuis Rio de Janeiro. Dans la liste des médicaments qui arrivent à l’Île du Mozambique, on continue à trouver des drogues asiatiques, comme la rhubarbe, la gomme de lanstique, le salsepareille, l’opium et même certains produits qui existent au Mozambique comme le tamarin ou la manne42. Avec les anciens réseaux, les drogues sont envoyées du Brésil en état adultéré43, ou sans être approuvée pour les maladies prévalentes en Afrique orientale. En 1815, par exemple, les remèdes ne correspondent pas à la demande faite par le médecin-chef du Mozambique. Le gouverneur proteste contre cet envoi, dénonçant le manque « de beaucoup d’articles ici mentionnés, et renvoyant certains articles entièrement superflus, comme la manne, le séné et d’autres plantes médicinales qui abondent dans ce territoire »44.

Illustration n° 2. Église de Nossa Senhora da Saúde, sur la place de la Santé ou de Saint João, où se situe également l’hôpital. Il y a un cimetière à côté de l’église où étaient enterrés les morts de l’hôpital

Illustration n° 2. Église de Nossa Senhora da Saúde, sur la place de la Santé ou de Saint João, où se situe également l’hôpital. Il y a un cimetière à côté de l’église où étaient enterrés les morts de l’hôpital

(Photo d’Augusto Nascimento, 2007)

Dans ce contexte, le pharmacien de l’hôpital, tout comme les résidents de l’Île, continuent à acquérir des médicaments sur le marché local. Ainsi, en 1817 par exemple le gouverneur passe une commande au magasinier pour qu’il achète une épah de marcela (Achyrocline satureioides) pour la pharmacie de l’hôpital. Trois années plus tard, dans le contexte d’un processus judiciaire, une accusation surgit comme quoi le médecin-chef António José Lima Leitão a fait des bénéfices illicites avec la pharmacie dont il est aussi le directeur. Le greffier de la pharmacie établit, dans sa déposition, que le médecin achète des remèdes à l’Île pour fournir la population45. Le médecin chef, Luís Vicente de Simoni, explique que ce sont les manques de la pharmacie de l’hôpital qui amènent les résidents à importer leurs médicaments46. A la fin de la décennie, le gouverneur se plaint encore des dépenses excessives l’année précédente pour l’acquisition de médicaments, pour un montant 4.213.000 reis, sans compter ceux qui ont été envoyés de Lisbonne47. De fait, il existe un vrai marché des médicaments sur l’Île de Mozambique qui est alimenté, en plus des remèdes natifs, par des importations. C’est ce que raconte en 1821 Luís Vicente de Simoni qui souligne que les médicaments disponibles au Mozambique sont « d’origine indienne, pour d’autres américaine, et d’autres européenne”48.

Du Mozambique à l’océan Indien : medicaments et chemins de la globalisation

Si les pratiques de soin au Mozambique dépendent fréquemment des remèdes reçus d’autres ports de l’océan Indien, ces derniers constituent de plus en plus un marché pour les produits de la médecine mozambicaine. L’Île de Mozambique exporte vers l’Inde des remèdes récoltés par les Africains sur le continent et même des remèdes produits sur d’autres îles de l’océan Indien comme par exemple le clou de girofle de l’Île de Bourbon49.

Parmi ces produits, on trouve des remèdes dont l’utilisation thérapeutique fait partie de la pharmacopée africaine et dans lesquels les agents de la médecine européenne identifient des similarités avec les médicaments qu’ils utilisent eux-mêmes. D’autres produits leur sont complètement inconnus. Il est nécessaire toutefois de souligner que même les médicaments déjà connus peuvent avoir des applications médicinales nouvelles à partir des usages africains. Il est probable que d’autres plantes quittent le Mozambique avec les équipages et les passagers des navires qui fréquentent le port, mais les registres ne prennent en compte que les éléments ayant une valeur commerciale. L’ambre gris et la manne sont des produits traditionnellement envoyés vers l’Inde. La médecine européenne et du monde musulman utilise l’ambre depuis longtemps afin, entre autres, d’aider les problèmes digestifs50. L’ambre gris, une substance produite par les intestins des baleines, est très commun dans l’océan Indien, constituant un article important du commerce musulman. A la fin du XVIIe siècle, l’Île de Mozambique exporte près de 3 arobases d’ambre vers l’Inde51. La manne, une substance sucrée extraite du tronc de l’arbre du même nom (fraxinus spp. ), existe principalement au Cabo Delgado où il est récolté en « grandes proportions »52. De nombreuses sources portugaises font référence à l’usage local intense du mana comme purgatoire ainsi que de son exportation vers « toute l’Inde » où il se vend à un « bon prix »53. Les deux drogues deviennent très recherchées aussi par les marchands français qui viennent faire escale dans les Îles de l’archipel des Quirimbas. Probablement à cause de cette forte demande, le prix de la manne mozambicaine est plus élevé que celui du mana importé de Calabre, alors même que les médecins européens au Mozambique le considèrent comme étant d’une efficacité inférieure.

A ces produits exportés s’ajoutent d’autres produits à la fin du XVIIIe/début du XIXe siècle. En 1809, le médecin-chef considère que les remèdes les plus populaires, outre l’ambre et le maná, sont le tamarin, l’abútua et le calumba54. Les guides marchands utilisés par les Européens pour orienter leurs profits en Orient listent comme biens de grand intérêt l’ambre, le maná et le calumba.

Le tamarin, fruit du tamarinier (Tamarindus indica, Lin.), a une place importante dans les médecines d’Inde, comme laxatif, digestif et fébrifuge, a été aussi intégré dans la pharmacie européenne. Au Mozambique, la plante se retrouve parmi les plantes les plus utilisées. Étant donné que le tamarinier, d’origine africaine, s’implante bien dans d’autres territoires de l’océan Indien, son exportation n’est pas notoire. Toutefois, les fruits du tamarinier sont, au minimum, offerts au navire qui font escale à l’Île de Mozambique, comme ce fut le cas en 1809, quand la galère Aurora fut chargée d’une arobase de ce produit pour sa pharmacie55. L’abútua56 est une des plantes médicinale les plus diffusées d’Afrique orientale, sa racine étant prescrite comme anti-inflammatoire et cicatrisant. La variété brune est courante. Celle de couleur blanche, originaire de Butua, territoire du chef changamira au sud du fleuve Zambèze, est très réputée. Au milieu du XVIIIe siècle, elle est vendue par les Portugais à Sena « aux pharmaciens du monde entier »57, quoique l’on ne sache pas grand-chose de ce commerce autrement.

Durant la période considérée toutefois, le calumba (Jateorhiza palmata, Miers) ou columbo, une plante native de la région du Mozambique, est la drogue médicinale qui pénètre le plus les réseaux commerciaux trans-océan Indien, ce qui permet sa circulation globale. Cette racine est partie intégrante de la pharmacie africaine et ses usages ont été adoptés par l’élite coloniale, étant même décrite dans des mémoires contemporains58. Au début du XIXe siècle, la fonction du calumba est fermement établie dans les pratiques médicales européennes au Mozambique. Elle fait partie de l’inventaire de la pharmacie de l’hôpital59, et est communément fournie aux pharmacies des embarcations qui s’arrêtent au Mozambique60.

La plante est connue depuis le XVIIe siècle au Portugal61 comme dans le reste de l’Europe. Cependant, elle n’est incorporée dans les matières médicinales seulement après que, en 1773, Thomas Percival (1740-1804) l’ait recommandée comme puissant anti-vomissement. Au début du XIXe siècle, la demande de calumba augmente significativement dans l’océan Indien. Le gouverneur de Mozambique l’inscrit parmi les marchandises les plus importantes avec l’or, l’ivoire, les cornes de rhinocéros, les tortues, le cauri et les esclaves62. Les marchands de l’île envoient leurs agents parcourir le littoral, dans de petites embarcations, pour acheter le calumba aux Macuas. Divers passeports concédés à ces négociants montrent l’importance de ce commerce qui, localement, est associés à celui des vivres. Par exemple, Pedro da Costa Xavier, demande en 1801 un passeport pour envoyer son agent baneane, Magagi Samogi, acheter du calumba sur les terres de Motomonho, une chefferie située dans la baie de Mocambo, au sud de l’Île du Mozambique63.

La racine est exportée vers les territoires portugais d’Inde où elle trouve un marché important dans les ports de l’East India Company comme Bombay d’où elle est réexportée vers l’Europe. Une liste des embarcations des résidents du Mozambique en activité en 1801 montre un total de 14 navires. Quatre ont comme seule cargaison le calumba destiné à différents ports : le navire Bela Africana, de 350 tonnes, qui appartenait à Domingos José Leite & C. lève l’ancre pour Daman et Diu ; le bergantin Bom Sucesso, de 150 tonnes, propriété de Rafi Bai et Rasul Bai, sort pour Daman et Bombay ; le Feliz Aurora, un pal de 200 tonnes, appartenant à Subachande Sauchande & C., se dirige à Daman et Bombay ; et le dernier, la goélette Emboscada de 150 tonnes, du gouvernement du Mozambique, est affrétée pour faire le transport de calumba vers Bombay. En plus de ces navires, trois ou quatre autres qui vont de Diu, Daman et Goa au Mozambique, et quelques autres qui viennent d’autres port et fréquentent occasionnellement l’Île, transportent du calumba64.

Cette expansion du commerce du calumba est liée à sa projection globale comme moyen thérapeutique, pour lequel contribuent significativement les réseaux commerciaux et scientifiques qui relient le Mozambique, l’Île de France et différents ports de l’océan Indien. Cette histoire illustre parfaitement l’importance des circulations dans l’océan Indien et la manière dont il se connecte au travers de ses réseaux avec d’autres points du monde.

Jusqu’au XIXe siècle, le calumba ou columbo est référencé comme étant une plante de Ceylan à cause de la proximité phonétique de son nom avec la cité de Colombo, ou alors comme étant une plante d’Inde parce que les Portugais la transportent de là-bas, soi-disant pour camoufler son origine mozambicaine. En vérité, c’est parce que, en raison du régime des courants et des moussons dans l’océan Indien, les navires qui font le trajet entre Lisbonne et Goa ne s’arrêtent à l’Île du Mozambique qu’à l’aller. Le calumba est embarqué à ce moment, donnant l’impression que les portugais veulent cacher son origine65. On peut ajouter à cela le fait que durant longtemps les Européens n’ont de contact qu’avec des espèces mâles de la plante qui, conformément, à la science linnéenne, ne permet pas sa classification botanique.

Ainsi on trouve, parmi les plantes recueillies durant la décennie 1770 par le médecin naturaliste français Philibert Commerson (1727-1773) à l’Île de France, un exemplaire mâle de calumba obtenu au Jardin Botanique de Pamplemousses (île de France) établi par le botaniste Pierre Poivre (1719-1786), alors intendant à l’Île de France et Bourbon66. Poivre obtint la plante probablement grâce aux navires français ou portugais qui transportent des esclaves de la côte du Mozambique. Après la mort de Commerson, ce spécimen est étudié en 1797 par Lamarck (1744-1829) qui le considère comme similaire au calumba supposé indien. Peu après, en 1805, J. F. Fortin, un Français établi à Madras, emmène du Mozambique à Madras une plante cultivée par le médecin-chef de l’East India Company, le Dr. James Anderson (1739-1809)67. Son neveu, le Dr. Andrew Berry (1764-1833), lui aussi médecin à Madras, la décrit dans un article publié en 1811 dans la Asiatic Researches68. Cet article diffuse l’idée de l’origine africaine du calumba et de ses usages natifs, contribuant ainsi à augmenter l’intérêt à son propos.

En attendant, la plante femelle reste inconnue. En 1825 le capitaine William Owen (1774-1857) emmène de l’île de Ibo, au nord du Mozambique, des caisses avec des espèces des deux sexes, qu’il transporte aux îles Maurice, Seychelles et à Bombay. A l’île Maurice, où il a fallu emmener des plantes femelles des Seychelles car en fin de compte seules des plantes mâles y avaient été amenées, la plante est cultivée dans le jardin royal et dessinée par le naturaliste Wenceslas Bojer (1795-1856). À partir de ces observations, et d’envois postérieurs de plantes en Angleterre, le calumba devient intensivement intégré dans la littérature botanique et médicale d’Europe et des États-Unis.

Dans ce processus de circulation, les usages thérapeutiques du calumba sont aussi reconfigurés. Au XVIIIe siècle, un gouverneur de la vallée du Zambèze décrit les emplois africains du calumba. En poudre, par infusion ou cuisinée, la racine est utilisée pour traiter des fièvres et perturbations digestives, pour faciliter l’accouchement et la menstruation, ainsi que comme anti-venin69. Ces mêmes usages sont entièrement copiés durant le siècle en Inde70. Mais, à mesure que la plante circule, les Indiens et Européens sélectionnent seulement certaines des qualités thérapeutiques qui lui sont attribuées par les Africains. Le calumba est valorisé pour traiter des vomissements et les coliques, particulièrement associés aux diarrhées et au choléra, à cause de ses qualités que la science européenne définit comme étant antiseptique, tonique et astringente71. Les sentiers de l’utilisation mondiale de la racine de calumba montrent comment ce remède mozambicain est globalisé au travers de réseaux commerciaux et scientifiques qui relient l’océan Indien à d’autres parties du monde, et ils montrent comment les connaissances africaines sont reconfigurées dans ce processus de circulation.

Conclusion

Au fil de l’histoire, le Mozambique a maintenu des connections fortes avec d’autres points de l’océan Indien, dans lesquels s’insèrent les dynamiques de la santé. Pour la période coloniale, le fonctionnement de l’hôpital de l’Île du Mozambique, en particulier, illustre la densité de ces relations et met en évidence comment ces relations sont particulièrement denses avec l’Inde. De fait, l’occupation de postes de travail dans le domaine de la santé dépendait de manière importante des indiens, surtout goanais, pour qui l’Afrique orientale représente une possibilité d’ascension sociale. Là ils sont médecins, chirurgiens, saigneurs ou infirmiers, remplissant des fonctions que l’administration coloniale est incapable d’assurer à partir d’Europe. Ils peuvent être vus comme des agents de transculturation, qui transportent au Mozambique des idées et des pratiques sur les modes de soin déjà hybridés en Inde alors que tout indique qu’ils les ré-élaborent en fonction de leur interaction avec les africains.

Ce même processus se déploie par le biais des médicaments qui viennent au Mozambique, que ce soit ceux qui sont déjà intégrés dans les pharmacies européennes ou que ce soit les médicaments importés directement d’autres aires de l’océan Indien. Il est important de noter que, durant cette période, à cause de la débilité des institutions européennes, la majeure partie des Africains restent distants des médecines européenne ou indienne transposées au Mozambique. Toutefois, les connaissances africaines sur la nature locale sont, elles, transposées du Mozambique vers d’autres zones de l’océan Indien et du monde. La diffusion et la transformation des usages médicaux de la racine de calumba montrent comment s’opère ce processus de circulation qui commence par être transcontinental pour devenir global.

Notes

1 La recherche pour cet article a été financée par la FCT Portugal (Fondation pour la Science et la Technologie), dans le cadre du projet HC/0121/2009, Medical Treatise on the Climate and Diseases in Mozambique. La traduction du portugais au français a été assurée par Éric Morier-Genoud. (article en portugais). Return to text

2 Michael Pearson, The Indian Ocean, London and New York, Taylor & Francis, 2010, 63. Return to text

3 David Arnold, “The Indian Ocean as a Disease zone, 1500-1950”, Journal of South Asian Studies, v. 14, n. 2, 1991, 1-21; Amina A. Issa, “Dhows and Epidemics in the Indian Ocean Ports”, Ziff Journal, n. 3, 2006, 63-69. Return to text

4 Lissa Roberts, “Situating Science in Global History. Local exchanges and networks of circulation”, Itinerario, v. XXXII, n. 1, 2009, 9-30; Claude Markovits, Jacques Pouchepadass and Sanjay Subrahmanyam (ed.), Society and Circulation: Mobile People and Itinerant Cultures in South Asia 1750-1950, Delhi, Permanent Black, 2003, 1-22. Return to text

5 Alpers, East Africa, vii. Return to text

6 À propos des sociétés côtières, voir Alpers, East Africa, 167-180 ; Michael N. Pearson, Port Cities and Intruders. The Swahili Coast, India, and Portugal en the Early Modern Era, Baltimore and London, The Johns Hopkins University Press, 1998. Return to text

7 À propos de la médecine africaine, voir par exemple Gloria Waite, A history of traditional medicine and health care in pre-colonial East- Central Africa, New York, E. Mellen Press, 1992. Return to text

8 À propos de la médecine africaine de tradition swahili, voir Randall L. Pouwels, Horn and Crescent: Cultural change and Traditional Islam on the East African Coast, 800-1900, Cambridge, Cambridge University Press, 1987, 88-93; David Owusu-Ansah, “Prayer, Amulets, and Healing”, in Nehemia Levtzion & Randall L. Pouwels (ed.), The History of Islam in Africa, Athens, Ohio University Press; Oxford, James Currey; Cape Town, David Philip, 2000, 477-488. Return to text

9 David Arnold, Science, Technology and Medicine in Colonial India, Cambridge, Cambridge University Press, 2004, 4. Return to text

10 Cristiana Bastos, “Medical Hybridisms and Social Boundaries: Aspects of Portuguese Colonialism in Africa and in India in the Nineteenth Century”, Journal of Southern African Studies, v. 33, n. 4, 2007, 764-782. Return to text

11 Eugénia Rodrigues, “‘Uma celebrada negra, que se chamava Joana’. Rituais africanos e elite colonial em Quelimane no século XVIII”, Povos e Culturas, n. 11, 2007, 231-254 ; Eugénia Rodrigues, “A ciência europeia e a medicina africana de Moçambique : explorações, apropriações e exclusões, entre finais do século XVIII e meados do século XIX”, 8º Congreso Ibérico de Estudios Africanos, Madrid, 2012. URL: http://www.ciea8.org/ocs/index.php?conference=CIEA2012&schedConf=pan10&page=paper&op=view&path[]=304 Return to text

12 Luís Vicente de Simoni, “Tratado Medico sobre o Clima e Enfermidades de Moçambique”, 1821, Biblioteca Nacional do Rio de Janeiro, Secção de Manuscritos, cód. I-47,23,17, fls.213v-214. Return to text

13 À propos de la pensée des Lumières en relation à la santé, voir Mary Lindemann, Medicine and Society in Early Modern Europe, Cambridge, Cambridge University Press, 2010, 160-161. Return to text

14 Ces efforts furent visibles après 1782 quand fut nommé le premier médecin-chef après cette réforme, l’italien Gaspar António Trivaleti, qui décéda, toutefois, durant le voyage. Lettre de Pedro Saldanha de Albuquerque au secrétaire d’état, 24/8/1782, Arquivo Histórico Ultramarino (AHU), Moçambique (Moç.), caisse (cx.) 39, document (doc.) 17. Les guerres au Portugal entre les libéraux et les absolutistes après la révolution libérale de 1829 affectèrent ces efforts de manière importante. Return to text

15 Eugénia Rodrigues, “Moçambique e o Índico : a circulação de saberes e práticas de cura”, Métis : História & Cultura, n. 19, 2011, 15-42. URL : Return to text

www.ucs.br/etc/revistas/index.php/metis/article/download/1691/1083 ; Eugénia Rodrigues et Miguel Brito, “Colonização e polícia médica em Moçambique no final do período moderno”, in Ana Cristina Roque et Eugénia Rodrigues, Actas do Congresso Internacional Saber Tropical em Moçambique : História, Memória e Ciência, Lisbonne, IICT, CDRom, 2013.

16 À propos du commerce d’esclaves, voir Edward A. Alpers, “The French slave trade in East Africa (1721-1810)”, Cahiers d’Études Africaines, X, n. 37, 1970, 80-124 ; José Capela, O tráfico de escravos nos portos de Moçambique, 1733-1904, Porto, Afrontamento, 2002 ; à propos du commerce d’aliments, voir Alpers, East Africa, 39-54. Return to text

17 Rodrigues, “Moçambique e o Índico”. Return to text

18 Correspondance de Marcos Caetano de Abreu e Meneses au secrétaire du government, 2/11/1815, AHU, Moç, cx. 149, doc. 61. Return to text

19 Correspondance de Marcos Caetano de Abreu e Meneses au secrétaire du government, 2/11/1815, AHU, Moç., cx. 149, doc. 61 ; du secrétaire du government à José Francisco de Paula Cavalcante e Albuquerque, 2/7/1818, AHU, Moç., cx. 158, doc. 65. Return to text

20 Consultation du Conseil de l’Outre-mer, 1/2/1832, in Francisco Santana, Documentação Avulsa Moçambicana do Arquivo Histórico Ultramarino, Lisbonne, CEHU, 1967, v. II, 1003-1004 ; from the state secretary to the interim government, 16/4/1832, in Santana, Documentação, 1974, v. III, 733. Return to text

21 Cristiana Bastos, “Um centro Subalterno? A Escola Médica de Goa e o Império“, in Cristiana Bastos, Miguel Vale de Almeida et Bela Fieldman-Bianco (coord.). Trânsitos coloniais : diálogos críticos luso brasileiros, Lisbon, ICS, 2002, 133-150. Return to text

22 Eugénia Rodrigues, “O Real Hospital de Moçambique e as suas conexões goesas : homens, saberes e produtos”, in Artur Teodoro de Matos et João Manuel Teles da Cunha (ed.), Goa : Passado e Presente, Lisbon, CEPCEP/CHAM, 2013, 519-542. Return to text

23 Gouvernement intérim au secrétaire d’état, 13/1/1819, AHU, Moç., cx. 161, doc. 19. Return to text

24 Bastos, “Medical Hybridisms”. Return to text

25 Timothy Walker, “Evidence of the use of ayurvedic medicine in the medical institutions of Portuguese India”, in Ana Salema (ed.), Ayurveda at the Crossroads of Care and Cure, Lisbon, CHAM, 2002, 82. Return to text

26 Marcos Caetano de Abreu e Meneses au secrétaire du gouvernement, 2/11/1815, AHU, Moç, cx. 149, doc. 61. Return to text

27 Demande de Eugénio Cabral da Cunha Godolfim, avant le 7/11/1807, AHU, Moç., cx. 121, doc. 80. Return to text

28 Demande de Luís Correia Monteiro de Matos, avant le 26/7/1804, AHU, Moç., cx. 106, doc. 94. Return to text

29 José Capela, Dicionário de negreiros em Moçambique, 1750-1897, Porto, CEAUP, 2007, 26. URL : http://www.africanos.eu/ceaup/uploads/EB004.pdf. Return to text

30 Capela, Dicionário, 142. Return to text

31 Demande de Francisco José, 9/9/1829, in Santana, Documentação, v. I, 1166 ; Request from José António de Almeida, before 22/8/1829, in Santana, Documentação, v. I, 1172. Return to text

32 Rodrigues, “Moçambique e o Índico”. Return to text

33 João Rui Pita, Farmácia, Medicina e Saúde Pública em Portugal (1772-1836), Coimbra, Minerva, 1996, 176-182, 222. Return to text

34 Timothy Walker, “Remedies from the Carreira da Índia: Asian Influences on Portuguese Medicine during de Age of Enlightenment”, Portuguese Studies Review, v. 9, n. 1-2, 2001, 170-177. Return to text

35 “Livro primeiro da receita e despesa do administrador da botica do Real Hospital Luis Xavier do Rozario dezde 1º de Julho de 1800 te o fim de Junho de 1801”, Arquivo Histórico de Moçambique, Fundo do século XIX, cód. 11-1728. Return to text

36 Rodrigues, “Moçambique e o Índico”. Return to text

37 Le Conseil d’Outre-Mer était un organisme de conseil pour le roi qui donnait son avis sur les affaires relatives à l’empire. Return to text

38 Mark Harrison, Public Health in British India. Anglo-Indian Preventive Medicine 1859-1914, Cambridge, Cambridge University Press, 1994, 36-37. Return to text

39 D. Diogo de Sousa à la reine, 6/8/1794, AHU, Moç., cx. 68, doc. 60. Return to text

40 Francisco Tavares à la reine, 1/2/1796 ; disposition du Conseil d’Outre-Mer, 8/10/1795, AHU, Moç., cx. 77, doc. 58. Return to text

41 La couronne portugaise se transféra à Rio de Janeiro suite à l’invasion du Portugal par les armées de Napoléon. Return to text

42 António de Melo Castro e Mendonça au secrétaire d’état, 3/12/1809, AHU., Moç., cx. 130, doc. 23 ; “Relação dos objectos de Medicamentos que se remettem para fornecimento do Hospital Real de Mossambique”, 6/6/1810, AHU, cód. 1383, fl.181-181v ; “Relação dos objectos de medicina que se remettem pela Nau de Viagem Europa para fornecimento do Hospital Real de Mossambique”, 6/6/1811, AHU, cód. 1385, fls.111-112 ; “Relação das drogas, que por ordem da Secretaria de Estado dos Negocios da Marinha aviou Francisco Jozé Gonçalves para supprimento da Botica do Hospital de Moçambique”, 20/7/1819, AHU, cód. 1391, fls.150-151. Return to text

43 Luís Vicente de Simoni à João da Costa de Brito Sanches, 14/11/1820, AHU, Moç., cx. 174, doc. 25. Return to text

44 Marcos Caetano de Abreu Meneses à António de Araújo de Azevedo, 3/11/1815, AHU, Moç, cx. 149, doc. 69. Return to text

45 “Auto sumário de António José de Lima Leitão”, 24/11/1819, AHU, Moç., cx. 167, doc. 88. Return to text

46 Luís Vicente de Simoni à João da Costa de Brito Sanches, 14/11/1820, AHU, Moç., cx. 174, doc. 25. Return to text

47 Paulo José Miguel de Brito au secrétaire d’état, 26/11/1829, in Santana, Documentação, v. I, 757-758. Return to text

48 Luís Vicente de Simoni, “Tratado Medico”, fl.232v. Return to text

49 “Mappa do marfim e mais generos que se despacharão nesta alfandega”, 8/1809, AHU, cód. 1381, fl.4v. Return to text

50 Efraim Lev et Zohar Amar, Pratical Materia Medica of the Medieval Eastern Mediterranean According to the Cairo Genizah, Leiden, Brill, 2008, 331-333. Return to text

51 Anonyme, “Memórias da Costa d’África Oriental e algumas reflexões uteis para estabelecer melhor, e fazer mais florente o seu comércio” (1762), in António Alberto Banha de Andrade (ed.), Relações de Moçambique Setecentista, Lisbon, AGU, 1955, 216 ; “Relação dos géneros e mais efeitos do comercio que se extrahem do Porto de Mossambique, Ilhas de Quirimba, Sofala, Quilimane, Inhambane, e Rios de Sena”, 1779, Arquivo Nacional da Torre do Tombo (hereafter, ANTT), Ministério do Reino (MR), maço 602. Return to text

52 Jerónimo José Nogueira de Andrade, “Descripção do estado em que ficavão os negócios da capitania de Mossambique nos fins de Novembro de 1789”, Archivo das Colonias, 1917, v. 1, n. 3, 126 ; voir aussi “Relação dos géneros e mais efeitos”. Return to text

53 Anonyme, “Memórias da Costa d’África”, 214-216 ; Francisco de Melo e Castro au sécretaire d’état, 20/11/1753 ; António José de Melo “Proposta sobre o estabelecimento do negocio de Mossambique”, s.d., [1753], ANTT, MR, maço 603 ; José Joaquim de Sequeira Magalhães Lanções au Vicompte de Vila Nova de Cerveira, 5/8/1779 ; “Relação dos géneros e mais efeitos do comercio que se extrahem do porto de Mossambique, Ilhas de Querimba, Sofala, Quilimane, Inhambane, e Rios de Sena”, s.d. 1779, ANTT, MR, maç. 602. Return to text

54 José de Melo à António de Melo e Castro e Mendonça, 28 /12/1809, AHU, Moç., cx. 130, doc. 22. Return to text

55 Orde donné par le gouverneur-général au pharmacien-chef, 24/12/1809, AHU, cód. 1382, fl.22-22v. Return to text

56 Abútua est la designation de plusieurs plantes du genre abuta, la plus connue étant le type vigne-pareire, Cissampelos pareira, Lin. Return to text

57 Rapport de Frère Rolim de Santa Rita, c. 1750, AHU, Moç., cx. 6, doc. 30. Return to text

58 António Pinto de Miranda, “Memória sobre a Costa de África”, (1766), in Andrade, Relações de Moçambique, 235 ; João Baptista de Montaury, “Moçambique, Ilhas Querimbas, Rios de Sena, Villa de Tete, Villa de Zumbo, Manica, Villa de Luabo, Inhambane” (c. 1778), in Andrade, Relações de Moçambique, 360 ; António Manuel de Melo e Castro, “Rellação de varias Raizes, e algumas couzas medicinaes”, 14/6/1785, AHU, Moç., cx. 49, doc. 59. Return to text

59 Inventory of the pharmacy, 17/6/1817, AHU, Moç., cx. 153, doc. 91. Return to text

60 Report on the medications required to the brig Senhora dos Milagres, 10/4/1809, AHU, Moç. cx. 126, doc. 65; Report on the medications required to the galley Aurora, 24/12/1809, AHU, cód. 1382, fl.22v. Return to text

61 Conde de Ficalho, Plantas úteis da África Portuguesa, Lisbon, AGU, 1947, 80-81. Return to text

62 From Francisco Carvalho e Meneses da Costa to the state secretary, 11/1/1802, AHU, Moç., cx. 92, doc. 27. Return to text

63 Passport of Pedro da Costa Xavier, 18/03/1801, AHU, Moç., cx. 87, doc. 45; see other passports in AHU, Moç., cx. 87; códs. 1356, 1329 et 1355. Return to text

64 “Rellação das Embarcaçoens de Gavia, que actualmente pertencem aos Negociantes de Mossambique”, 21/08/1801, ANTT, MR, maço 499 ; “Mappa do marfim e mais generos que se despacharão nesta alfandega”, 8/1809, AHU, cód. 1381, fl.4v. Return to text

65 L’historiographie récente incorpore ces perspectives. Voir Pratik Chakrabarti, “Neither of meate nor drink, but what the Doctor alloweth”. Medicine amidst War and Commerce in Eighteen-Century Madras”, Bulletin of the History of Medicine, v. 80, n. 1, 2006, 1-38. Return to text

66 A propos de Commerson et Poivre, voir Richard H. Grove, Green imperialism. Colonial Expansion, Tropical Island Edens and the Origins of Environmentalism, 1600-1860, Cambridge, Cambridge University Press, 1995, 216-247. Return to text

67 Concernant James Anderson, voir Anantanarayanan Raman, “Economic biology and James Anderson in eighteenth century Coromandel”, Current Science, v. 100, n. 7, 2011, 1092-1096. Return to text

68 Andrew Berry, “An account of the male plant, with furnishes the medicine generally called columbo, or calumba root”, Asiatic Researches; or, Transactions of the society instituted in Bengal, v. X, 1811, 385-388; William Roxburgh, Flora Indica, or, Descriptions of Indian Plants, Calcutta, W. Thacker and Cº; London, Parbury, Allen and Cº, 1832, v. 3, 807-808. Return to text

69 António de Melo e Castro, “Relação de varias raizes, e algumas couzas medicinaes”, 14/6/1785, AHU, Moç., cx. 49, doc. 59. Return to text

70 Esse era o emprego da calumba na Índia, conforme Fra Paolino de San Bartolomeu, Viaggio alle Indie Orientale umiliato alla Santita di N. S. Papa Pio Sesto, Roma, A. Fulgoni, 1796, 363. Return to text

71 Polehampton et Good, The Gallery of Nature and Art, v. 5, 205-206; Ainslie, Materia indica, 87-88; “On Columba Root”, 196-197; Lloyd, Jateorhiza, 8-9. Return to text

Illustrations

  • Illustration n° 1. Plan de l’hôpital de l’Île du Mozambique (s.d., 1821). L’hôpital fonctionnait dans le couvent de S João, dont l’édifice fut détruit en 1877 pour y construire de nouvelles installations hospitalières

    Illustration n° 1. Plan de l’hôpital de l’Île du Mozambique (s.d., 1821). L’hôpital fonctionnait dans le couvent de S João, dont l’édifice fut détruit en 1877 pour y construire de nouvelles installations hospitalières

    (Cabinet des Études Archéologique d’Ingénierie Militaire, Lisbonne)

  • Illustration n° 2. Église de Nossa Senhora da Saúde, sur la place de la Santé ou de Saint João, où se situe également l’hôpital. Il y a un cimetière à côté de l’église où étaient enterrés les morts de l’hôpital

    Illustration n° 2. Église de Nossa Senhora da Saúde, sur la place de la Santé ou de Saint João, où se situe également l’hôpital. Il y a un cimetière à côté de l’église où étaient enterrés les morts de l’hôpital

    (Photo d’Augusto Nascimento, 2007)

References

Electronic reference

Eugénia Rodrigues, « La circulation des connaissances médicales entre le Mozambique et l’océan Indien, de la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle », Tsingy [Online], 18 | 2015, Online since 28 November 2025, connection on 11 January 2026. DOI : 10.61736/tsingy.878

Author

Eugénia Rodrigues

Senior researcher, Instituto de Investigação Científica Tropical, Lisbonne, Portugal