Recension : Laurence Pourchez (dir.), Naître et grandir : normes du Sud, du Nord, d’hier et d’aujourd’hui, Éditions des Archives contemporaines, 2020, 265 p.

DOI : 10.61736/tsingy.281

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1re de couverture de l’ouvrage Naître et grandir : normes du Sud, du Nord, d’hier et d’aujourd’hui

1re de couverture de l’ouvrage Naître et grandir : normes du Sud, du Nord, d’hier et d’aujourd’hui

L’ouvrage collectif Naître et grandir. Normes du Sud, du Nord, d’hier et d’aujourd’hui dirigé par Laurence Pourchez, publié en 2020 aux Éditions des archives contemporaines, a pour fil rouge la question des normes autour des pratiques liées au projet d’enfant, à la grossesse, à la naissance et à la petite enfance, dans différents endroits du globe et dans différentes temporalités. Il a pour objectif « de croiser les regards et de tenter une approche pluridisciplinaire de la naissance et de la petite enfance » (p. 2), pari tenu tout au long des 265 pages et des 16 chapitres. Les contributions abordent ces thématiques par différentes disciplines : anthropologie (dix chapitres), sciences médicales (deux chapitres par des sage-femmes, deux par des médecins, une pédiatre et un obstétricien-épidémiologiste), histoire et démographie (deux chapitres) et sociologie (un chapitre). Plus qu’un nouvel apport en anthropologie de la naissance et de la petite enfance, Laurence Pourchez propose dans cet ouvrage un traitement original de la question de la norme au prisme de l’anthropologie, sujet qui reste bien plus souvent traité en sociologie ou en psychologie sociale. Les contributions s’intègrent aux travaux de recherche sur la santé de la reproduction et de l’enfance en contextualisant les pratiques et leur évolution à travers le temps.

Cet ouvrage est en partie issu de communications faites lors d’un colloque intitulé « Du sud au nord, naître hier, aujourd’hui, ici et ailleurs », qui s’est tenu à Saint-Denis de La Réunion en mai 2013, organisé par Laurence Pourchez. En partant des pratiques des pays des Suds ou dits des Suds (océan Indien occidental – La Réunion, Mayotte, Madagascar et Ile Maurice – Mexique), les contributions élargissent leur horizon aux pratiques des Nords (France, Japon, pays de la zone arctique) et interrogent leurs évolutions avec une approche historique pour certains (du XVIIIe au XXIe siècle). Les pratiques présentées dans l’ouvrage relèvent aussi bien de l’espace domestique (rites autour de la grossesse et de la naissance, bénédictions, célébrations, emmaillotage des bébés, baby shower) que de l’espace professionnel (médicalisation de l’accouchement, rôle et métier de sage-femmes en France, au Japon et aux États-Unis).

Les chapitres sont écrits en français sauf un en langue anglaise, qui se distingue également des autres par sa longueur (une trentaine de pages), sa thématique (la santé environnementale), son approche méthodologique quantitative (études de cohortes), son aire géographique (les pays circumpolaires, à savoir le Canada, le Danemark/Groenland/îles Féroé, l’Islande, la Finlande, la Suède, la Norvège et la Russie) et le profil de son auteur (Odland, médecin obstétricien-épidémiologiste). Les autres chapitres ont une approche qualitative du sujet présentant de très riches ethnographies et enquêtes de terrain plus ou moins récentes (certaines actualisées et d’autres datant d’une trentaine d’années). La directrice de l’ouvrage exprime dès l’introduction sa volonté, au départ dans le colloque et ensuite dans l’ouvrage, d’adopter un « regard local sur la fécondité, la grossesse et la naissance » afin « de rompre avec une habitude qui veut que les discussions sur ces thèmes soient uniquement le produit de chercheurs occidentaux sur les sociétés du sud » (p. 4). La moitié des chapitres traitant de ces thématiques dans les Suds sont écrits par des chercheurs qui mentionnent, dans leur écrit, leur appartenance à leurs terrains de recherche et leur proximité aux rites qu’ils décrivent.

Au fil de l’ouvrage, les contributions emmènent le lecteur à travers plusieurs continents en abordant des grandes phases de l’enfantement. Les chapitres traitent particulièrement des pratiques et rites prénataux (de Suremain et Razy ; Pourchez ; Pourette ; Odland ; Tillard), des pratiques lors de l’accouchement (Iwao ; Morel ; Pourchez ; Rollet ; Thomas), des rites post-nataux (Bonnet ; Ramhota ; Thirion) ou encore de l’ensemble de ces situations (Ahmed ; Ravololomanga ; Charrin-Yamauchi). Tous questionnent le rapport à la norme sociale ou médicale et exposent l’évolution des pratiques qu’elles soient domestiques et/ou professionnelles.

Les acteurs concernés : la mère, l’enfant ou le père

Une majorité des contributions prend pour point d’entrée la femme enceinte ou sur le point de l’être, accouchant ou devenue mère. L’entourage des femmes, à savoir le groupe familial, social et les professionnels de santé gravitant autour d’elles est également pris en compte dans leurs pratiques et leur accompagnement. Même si l’enfant est évoqué à maintes reprises, tout au long de l’ouvrage collectif, qu’il soit un projet, un embryon ou un nouveau-né, un seul chapitre place le nouveau-né au centre de sa démonstration. C’est celui de Marie Thirion, pédiatre, qui aborde le comportement de l’enfant qui vient de naître et ses signaux de faim. Elle développe, avec une focale médicale, la pulsion de vie qui anime les nouveau-nés et leurs tentatives de « séduire l’autre (souvent la mère), celui de créer des liens, et très vite de montrer qu’il le reconnaît, qu’il l’attend » (p. 104). Le texte met l’accent sur la faim des nouveau-nés, que l’autrice démontre ne pas être seulement la faim nutritive, mais la « faim de présence, de réassurance, de contacts humains » (p. 106). Ses propos questionnent la norme en médecine et l’injonction, toujours en vigueur dans certaines maternités, de nourrir ou d’allaiter les nourrissons au moindre pleur et à intervalle régulier.

Un autre élément notable de cet ouvrage, tant dans le fond que dans la forme, est la place des hommes, que ce soit dans les sujets traités autour de la grossesse et de la maternité (et non de la paternité) que parmi les auteurs et autrices de l’ouvrage. On compte quatre auteurs pour quatorze autrices, ce qui est peut-être également représentatif de la part genrée des scientifiques investissant ces questions de recherche. C’est l’univers féminin qui est enquêté dans la majorité des chapitres. Sans pour autant faire l’objet de recherches spécifiques, la place des pères est évoquée dans plusieurs chapitres : à La Réunion, Laurence Pourchez montre comment la médicalisation des accouchements dans les maternités a exclu à un moment les pères de cette étape liminale, tout en les réintroduisant maladroitement plus tard (p. 14). Marie-France Morel retrace la présence des pères, favorisée dans les maternités aux États-Unis dans les années 1970, et « dont est reconnu le rôle de soutien que le personnel n’a pas le temps d’assumer », le tout dans le but « de dissuader les couples d’accoucher à la maison » (p. 177). Le chapitre de Zakia Ahmed évoque l’origine des pères ou « géniteurs » comme conditionnant « les prescriptions et interdits imposés à la femme mahoraise pendant la grossesse » (p. 27). L’autrice a enquêté dix hommes pour soixante femmes sur leurs connaissances des interdits lors de la grossesse. À l’île Maurice, le père entrait en scène une fois l’enfant né pour lui murmurer « à l’oreille droite » son nom et ainsi l’introduire dans une place sociale, comme il est de coutume dans la religion hindoue (p. 55). À Madagascar, le père a le rôle d’emmener l’enfant au centre de santé quand la mère est indisposée, pour cause de suivi de rite post-partum, le mifana (p. 66). Le chapitre de Charles Edouard de Suremain et Elodie Razy sur le baby shower au Mexique mentionne succinctement les pères dans le couple parental qu’ils forment avec la femme enceinte et pour laquelle la célébration est organisée. La deuxième contribution de Laurence Pourchez dans cet ouvrage sur les grossesses d’adolescentes à La Réunion parle de la relation (ou l’absence de relation) des jeunes filles au père du ou de leurs enfants (p. 237) sans pour autant développer leur point de vue ni les enquêter. Doris Bonnet, dans sa postface, donne des éléments de réponse en évoquant le contexte des Youth studies, qui se focalisent sur la santé (sociale, biologique) des mères et enfants de moins de cinq ans. « Dans ce contexte, les nouveau-nés et enfants de moins de 5 ans ne sont pas encore appréhendés comme des acteurs sociaux » et « le rôle et le statut du père durant cette période ne sont ni envisagés, ni évalués » (p. 253). Ce sont des acteurs pourtant centraux du processus de grossesse et de naissance et qui pourraient faire l’objet de recherches et de développement spécifique.

De la grossesse à la naissance, des situations liminales

Les chapitres de cet ouvrage décrivent les différents moments de la période liminale de la grossesse et l’accouchement qui entraine un changement de statut pour la femme devenue mère, et pour l’enfant arrivant au monde et acquérant une place sociale. Le changement de statut s’opère aussi bien pour la mère que pour l’enfant et intervient autant physiquement que socialement. La grossesse n’est pas une maladie, même si elle peut présenter des difficultés et des complications, alors que l’accouchement reste un moment critique et délicat pour la vie de la mère et de l’enfant à naître. Des rites subsistent d’une période où l’accouchement était une pratique risquée, « jusqu’à la fin du XIXe siècle » (p. 143), et qui reste encore aujourd’hui une menace pour la mère et l’enfant à certains endroits du globe où l’accès aux pratiques biomédicales (en cas de césarienne ou d’intervention d’urgence par exemple) reste compliqué. Deux chapitres exposent comment l’expérience de la grossesse et de la naissance permet à des femmes de changer de statut au sein de leur famille, de leur communauté. Bernadette Tillard parle du changement de statut lors des grossesses de jeunes filles en situation de précarité en France, avec un passage de ces jeunes femmes (mineures) en situation précaire au statut de mère. Cette entrée dans la maternité marque une certaine reconnaissance sociale, avec l’entrée dans le statut d’adulte. Le chapitre de Pourchez sur les grossesses d’adolescentes aborde le même sujet avec l’obtention d’un statut recherché par les jeunes filles désirant être mère et planifiant une grossesse (avec l’arrêt de la pilule notamment), ce qui vient à l’encontre de l’idée reçue d’une grossesse forcément subie. L’enfant qui passe de la gestation à la naissance connait lui aussi un changement de statut avec son intégration dans son lignage ou groupe de parents (Ahmed, Ramhota, de Suremain et Razy), que ce soit au stade de fœtus avec l’annonce de la grossesse, la célébration de la naissance à venir ou le baby shower ou après la naissance, avec l’attribution du nom, le choix des parrains et marraines, la première coupe de cheveux. Le chapitre de Charles Edouard de Suremain et Razy montre comment le baby shower au Mexique « fait advenir un enfant et un parent au monde ». Ce rite liminal, à destination de la mère en premier lieu et du couple parental ensuite, est pratiqué avant la naissance de l’enfant afin de célébrer et de favoriser sa venue. Avec l’offrande de nombreux cadeaux pour les futurs parents, ce rite revêt une dimension sociale pour permettre à des personnes en potentielle difficulté financière de préparer la venue d’un enfant.

Il ressort de ces riches contributions une multiplicité de rites mis en œuvre au moment de ces situations liminales. Ceux-ci relèvent de pratiques religieuses, domestiques, techniques, symboliques, alimentaires ou médicales et viennent entourer et accompagner la femme enceinte et l’enfant à naître pour les protéger des mauvais esprits, des complications potentielles, physiques ou sociales. Les chapitres développent des objectifs communs à la pratique de ces rites : faciliter cette étape, faire en sorte qu’elle se passe bien, qu’elle ne dure pas et que les souffrances soient atténuées. La finalité est de s’assurer que la mère et l’enfant franchissent l’épreuve vivants et qu’ils le restent. En cas de complication, d’handicap de l’enfant, la responsabilité reviendra à la mère, qui sera perçue comme ayant transgressé ces interdits. Les contributions soulignent aussi l’importance du rôle des individus mettant en place et accompagnant ces rites, à savoir des membres de la famille, de l’entourage ou des praticiens, qui sont très souvent, si ce n’est exclusivement, des femmes.

Médicalisation et évolution des pratiques

Les contributions prennent en compte l’évolution des pratiques, en fonction des sociétés, dans des contextes de médicalisation de plus en plus fréquente des pratiques de suivi de grossesse et d’accouchement. Si dans certaines situations les pratiques non médicales ont pu diminuer (Ramhota à l’île Maurice), elles restent présentes et s’adaptent dans d’autres. Certains rites restent pratiqués dans un cadre domestique « avant le départ pour la maternité, soit discrètement, en milieu hospitalier, dans la salle de travail, lors des absences du personnel médical » (p. 17). Ces rites peuvent advenir pour convoquer des esprits, pour demander une bénédiction. Ils peuvent s’exprimer sous la forme de « prières et cordons bénis » à La Réunion, de « bains de purification » à l’île Maurice, ou encore du respect d’interdits en fonction du lignage et de l’origine du père à Mayotte. Ils adviennent tout au long du processus de mise au monde d’un enfant : en amont de la grossesse, au cours de la grossesse, pendant l’accouchement et après l’accouchement. Les rites peuvent également connaître des évolutions qui s’adaptent à la modernité et au contexte biomédical. Le chapitre de Yuki Charrin-Yamauchi décrit le rituel du bandage du ventre des femmes enceintes au Japon et de l’emmaillotage des bébés. Ce rituel de bandage était auparavant exécuté afin que le fœtus reste de petite taille et que l’accouchement soit facilité. Il était pratiqué dans un souci de sauvegarde de la mère afin d’éviter des complications médicales. Aujourd’hui, ce rite demeure, mais il est orienté vers le bien-être de la mère et du bébé pendant la grossesse, afin de maintenir sa température, et pour la mère après l’accouchement afin de conserver au mieux sa forme physique et esthétique et pour que son ventre « se tienne ».

Rôle des soignantes et des accompagnantes

Beaucoup d’articles constatent la médicalisation des accouchements, des suivis de grossesse, qui peuvent éventuellement, mais pas toujours (Morel), apporter des résultats en termes de réduction de la mortalité maternelle et infantile et de la mortinatalité. Cette biomédicalisation de l’événement réduit également l’accompagnement par les pairs (femmes de la famille, famille élargie, etc.). Les praticiennes, issues du monde traditionnel ou biomédical, jouent un rôle central dans l’accompagnement des femmes pour le franchissement optimal des différentes étapes. L’article de Marie-France Morel retrace l’évolution des pratiques d’accouchement aux États-Unis des siècles derniers jusqu’à aujourd’hui. Elle souligne la médicalisation des accouchements qui, au nom de l’hygiène, a privé les femmes de leur entourage familial, qui prend soin, qui a un rôle à jouer, qui pratique des rites, qui réconforte. La domination du protocole hygiéniste a remplacé les pratiques profanes par les calmants et les outils techniques. Les pratiques biomédicales de l’accouchement excluent également certaines praticiennes de leur rôle premier d’accompagnement. L’article de Catherine Thomas parle des différents statuts des sages-femmes libérales, en France. D’un côté, la sage-femme hospitalière pratique les accouchements mais n’a pas de temps pour le lien aux patientes, enchainant les accouchements dans des conditions de travail difficiles (en termes de manque de personnel et de charge médico-légale) ; de l’autre, la sage-femme libérale qui peut « prendre le temps » et accompagne les femmes, mais qui est « exclue » de l’accouchement, réservé donc aux premières, en plateau technique médical.

Le chapitre de Dolorès Pourette, Olivier Rakotomalala et Chiarella Mattern fait le lien avec les pratiques traditionnelles et indique qu’à Madagascar ce sont les matrones, les accoucheuses traditionnelles ou reninjaza, qui poussent les femmes à un protocole médicalisé en parallèle de leur propre suivi. Le but de cette incitation est d’assurer l’accueil de la femme enceinte par le centre de santé en cas de complication, au moment de l’accouchement. Les sages-femmes ou médecins des centres de santé accepteraient en effet de recevoir les femmes enceintes que si celles-ci assistent à au moins une consultation prénatale. L’accompagnement par les matrones se fait donc de concert avec les procédures biomédicales dans l’objectif d’optimiser l’accouchement en cas de complications. Il n’est pas rare que les matrones accompagnent elles-mêmes les femmes accouchant aux centres de santé, en se faisant passer pour une amie ou un membre de la famille de la parturiente. Elles gardent l’éventualité, dans leur pratique, de faire appel en dernier recours à l’espace médicalisé. Même si le choix premier, dans certaines régions rurales de Madagascar, porte sur le suivi de la grossesse et de l’accouchement à domicile auprès d’une matrone du village, il existe un pluralisme de recours aux soins à la fois traditionnels et biomédicaux.

Conclusion

Cet ouvrage apporte une vision large des différentes situations de passage accompagnant la grossesse, l’accouchement et la naissance d’un enfant. Les riches contributions s’intéressent aux différents acteurs qui motivent et accompagnent ce passage et pratiquent ces rites, très souvent des femmes, qu’elles soient les femmes de la famille, de l’entourage, du lignage et les praticiennes, matrones et sage-femmes.

Les chapitres peuvent sembler hétérogènes en termes de taille (de 5 à 30 pages), de données originales et empiriques sur lesquelles ils s’appuient (archives, enquêtes originales de projets de recherche, cohortes, expérience issue de la pratique ou expérience du vécu culturel). Certains textes auraient mérité une refonte et un étoffement de leurs données pour passer du stade de l’oral du colloque à l’écrit de l’ouvrage. Le fait que les auteurs et autrices ne soient pas tous et toutes issus du milieu académique apporte une dimension intéressante à l’ouvrage tout en marquant une certaine hétérogénéité sur la problématisation des sujets, leur mise en contexte et leur encadrement théorique. L’approche de l’ouvrage se veut pluridisciplinaire et permet d’éclairer les sujets traités sous des angles complémentaires. Cependant, les thématiques sont présentées en silo, chacune dans leur discipline et leur temporalité. Comme c’est souvent le cas en sciences sociales, les articles sont écrits par un auteur unique (sauf deux, ceux traitant des pratiques à Madagascar et au Mexique) et ne présentent pas plusieurs voies disciplinaires au sein d’une même thématique. Pouvoir faire se répondre les auteurs en les associant au sujet d’une même contribution ou dans un processus de construction mutuel d’un sujet d’étude présenterait un apport et un éclairage particulièrement stimulant.

Cet ouvrage collectif tient son pari de la pluridisciplinarité et couvre une multitude de situations autour de la grossesse, de la naissance et de la petite enfance, à travers les continents et le temps. Les différents cas de figure ethnographiés dans les contributions montrent que dans des situations risquées qui amènent de l’incertitude pour la santé de la mère et du futur enfant, il s’agit alors pour les acteurs impliqués de mettre toutes les chances de leur côté. L’objectif pour la mère, l’enfant et le groupe social autour d’eux, est de respecter et de faire respecter les recommandations, les habitudes, les interdits, aussi bien populaires, lignagers que biomédicaux, en vigueur dans l’environnement social et culturel accueillant ces événements. Cet ouvrage apporte une contribution notoire et actualisée au courant de l’anthropologie de la naissance et de la petite enfance. Il vient s’ajouter à la liste des ouvrages collectifs marquants de ce champ d’études (Bonnet D. et Pourchez L. (dir.), 2007, Du soin au rite dans l’enfance. Eres, IRD ; Hancart Petitet P. (dir.), 2011, L’art des matrones revisité : naissances contemporaines en question. Editions Faustroll, Descartes) tout en apportant un éclairage original et spécifique sur l’évolution des normes qui entourent les pratiques liminales de la grossesse et de la naissance.

Illustrations

Citer cet article

Référence électronique

Pierrine Didier, « Recension : Laurence Pourchez (dir.), Naître et grandir : normes du Sud, du Nord, d’hier et d’aujourd’hui, Éditions des Archives contemporaines, 2020, 265 p. », Tsingy [En ligne], 26 | 2023, mis en ligne le 21 août 2025, consulté le 10 janvier 2026. DOI : 10.61736/tsingy.281

Auteur

Pierrine Didier

INRAE/V et Agro Sup